Data centers et énergies renouvelables en Europe : la symbiose qui redéfinit l'investissement
Les data centers sont devenus l’une des infrastructures les plus critiques et les plus convoitées de l’économie européenne. Longtemps perçus comme des actifs techniques, ils sont désormais analysés comme des plateformes énergétiques, où la rentabilité dépend autant du coût de l’électricité que de la connectivité numérique.
La France, entre attractivité et contraintes
En France, cette évolution s’accélère avec la croissance du cloud, de l’IA et les impératifs de souveraineté numérique. Greensolver souligne que l’accès à une énergie compétitive, fiable et décarbonée devient un facteur clé de valorisation pour les opérateurs et les investisseurs.
Avec 273 data centers, la France figure parmi les principaux marchés européens. Paris appartient au cercle des grands hubs (Londres, Francfort, Amsterdam, Dublin), mais cette concentration entraîne saturation des réseaux et hausse des loyers (+36 % à +50 % depuis 2022). Greensolver observe que les investisseurs se tournent vers Lyon, Marseille ou Lille, où les coûts sont plus modérés et l’accès aux énergies renouvelables plus fluide.
Un modèle solide, mais exposé au risque énergétique
Le développement d’un data center greenfield représente en moyenne 8,5 à 12 M€ par MW, incluant foncier, construction et infrastructure électrique. Les revenus proviennent de contrats pluriannuels assortis de SLA (Service Level Agreements), garantissant une disponibilité proche de 100 %. Cette visibilité attire fonds d’infrastructure et capital-investissement. Mais l’électricité, qui pèse 20 à 50 % des OPEX, est devenue le principal risque. Greensolver rappelle que la volatilité des prix modifie profondément l’équation financière.
Quand le data center devient un actif énergétique
Les data centers consomment 1,5 % de l’électricité mondiale, une part appelée à doubler d’ici 2030. La consommation énergétique d’un data center dépend de sa taille, de la configuration des serveurs et du fonctionnement en continu. Les plus grands sites peuvent atteindre entre 50 et 200 MW, soit l’équivalent des besoins d’une petite ville.
Sécuriser l’énergie devient aussi stratégique que le foncier. Pour un data center, la stabilité des coûts et la continuité d’alimentation sont vitales. Greensolver met en avant plusieurs leviers pour articuler énergies renouvelables et infrastructures numériques :
- Les PPA (Power Purchase Agreements) : ces contrats à long terme (10 à 20 ans) permettent de fixer un prix de l’électricité, réduisant la volatilité des marchés et sécurisant les flux financiers.
- L’autoconsommation solaire, qui consiste à produire localement via des panneaux photovoltaïques installés sur les toitures/parkings du data center. Cela permet de consommer localement une électricité à coût marginal faible, de réduire les pertes réseau et les contraintes d’acheminement et d’améliorer la résilience énergétique en cas de tension.
- Les microgrids : ce sont des réseaux autonomes combinant production locale (solaire, éolien), stockage et gestion intelligente. Cela permet à un data center de fonctionner en mode îloté, c’est-à-dire hors réseau en cas d’incident, tout en optimisant en temps réel les coûts et la performance carbone.
- Le stockage par batteries (BESS) complète ce dispositif en absorbant les surplus et en garantissant la continuité lors des pointes ou des coupures, réduisant ainsi les risques d’interruption.
- La colocalisation avec des parcs EnR (solaires ou éoliens) : la proximité physique sécurise l’approvisionnement et crée des synergies contractuelles et techniques.
Réglementation et création de valeur
La directive européenne sur l’efficacité énergétique (EED) impose aux data centers de plus de 500 kW de publier leur consommation, leur efficacité (Power Usage Effectiveness), et leur part d’énergies renouvelables. Ces données, rendues publiques, instaurent une transparence totale.
Pour ceux qui n’intègrent pas d’EnR, le risque est clair : image dégradée, pression concurrentielle accrue et exposition à la volatilité des prix. Les clients et investisseurs, sensibles aux critères ESG, pourront comparer et privilégier les acteurs engagés dans la décarbonation. L’EED transforme la performance énergétique en critère stratégique : ne pas investir dans les EnR, c’est perdre en compétitivité.
De plus, les actifs intégrant massivement les renouvelables bénéficient d’un meilleur accès au financement et d’une prime de valorisation lors des opérations de M&A.
À mesure que l’électricité devient la contrainte dominante, les data centers cessent d’être de simples actifs technico-immobiliers : ils deviennent des actifs énergétiques intégrés, au cœur de la prochaine vague d’investissement en Europe. N’hésitez pas à contacter Greensolver qui se positionne comme le partenaire stratégique pour transformer cette contrainte en opportunité et maximiser la valeur pour les investisseurs.
Ecrit par Antra Ramboarison