Fonctionnement d’une éolienne en mode débridée : conséquences sur le dimensionnement de la fondation, du câblage inter-éolien et de la capacité d’accueil du poste source et du PdL.

 

Contexte:

Pour un constructeur & exploitant de parc éolien, afin d’obtenir un tarif de rachat EDF à guichet ouvert (et non en appel d’offre) avec CR 2017 (Complément de Rémunération), le constructeur & exploitant du parc éolien se doit de respecter notamment les conditions suivantes :

– Parc éolien limité à 6 turbines

– Capacité unitaire de 3 MW maximum sur une durée de 20 ans.

 

La plupart des éoliennes de dernière génération disponibles sur le marché actuellement ont une puissance nominale supérieure à 3MW et jusqu’à plus de 4MW. De ce fait, les turbines installées doivent fonctionner en mode « bridé » afin de limiter la production unitaire à 3MW sur une durée de 20ans. Les turbines pourront, à termes être « débridées » et fonctionner à production maximale.

 

Néanmoins, ce « débridage » requiert d’être pris en compte en amont de la construction du parc puisqu’il a des conséquences sur le dimensionnement de l’ouvrage à construire.

 

Problematique:

Si ce choix est fait par le constructeur / exploitant en amont de la construction du parc, les Maîtres d’Ouvrage n’ont pas forcement connaissance des impacts de ce débridage sur l’ensemble des ouvrages à dimensionner en conséquence :

 

  1. Le massif de fondation doit être dimensionné pour un fonctionnement sur 20 ans en mode bridé puis entre 20 et 30 ans en mode débridé.

(Notes de calculs du BE structure & descente de charges du turbinier)

  1. Les câbles inter-éolien, doivent avoir des sections adaptées à la puissance débridée des éoliennes
  2. La rame de cellules HTA au PdL doit être adaptée à la puissance débridée de l’ensemble du parc éolien
  3. La capacité du poste source Enedis doit pouvoir répondre à la puissance débridée de l’ensemble du parc éolien
  4. Enedis doit pouvoir accorder une réservation du delta de MW accorder en attente, sur 20 ans (différence entre puissance bridée et débridée, non utilisée pendant 20ans)

 

Si ces points ne sont pas étudiés en amont de la construction du parc, des surcoûts seront à prévoir :

 

– Coûts d’établissement des nouvelles notes de calculs du BE Structure et nouvelles descentes de charges du turbinier

– Si augmentation des sections de câbles : coûts travaux + matériaux

– Si augmentation du dimensionnement de la fondation : coûts des ferrailles, du béton et de la main d’œuvre supplémentaire

– Idem pour la RAM HTA du PdL

– Complications avec Enedis pour la capacité du poste source (accord)

– et, probable impossibilité de débridage des turbines si les travaux sont déjà réalisés.

 

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Written by Vincent Perrin, Construction Manager